Once Upon A Time… in Hollywood : pourquoi je n’irai pas voir le prochain Tarantino ?

J’ai pris la décision, en reprenant le blog, d’exploiter un peu cette catégorie. Parlons-en. J’ai envie, ici, de parler de thématiques qui me touchent personnellement. Il y aura un peu de tout, selon mes envies et besoins. Bon clairement ce que je dirai ici sera souvent sujet à polémique. Mais il s’agit de choses qui me tiennent à cœur donc… C’est parti. Parlons de Tarantino. Il faut savoir que j’étais une grande fan de Tarantino. Enfin, de ses films. Pulp Fiction, Reservoir Dogs, ces films font partis de mes favoris. Ils ont forgé mon amour pour le cinéma. Pourtant, il y a des choses qui restent inacceptables, qu’on soit un bon créateur ou pas d’ailleurs.

#MeToo

Tout a commencé en 2017, alors que l’affaire Weinstein et le mouvement #MeToo explosent. Tarantino ayant toujours travaillé très étroitement avec le producteur Harvey Weinstein, tous les regards se sont posés sur le réalisateur multi-oscarisé… Tarantino annonce donc qu’il ne savait rien et se dit même « abasourdi avec le cœur brisé ». Pour rappel, Weinstein était alors accusé par des dizaines de femmes de harcèlement sexuel et de viol.

Une déclaration qui a vite été démentie par le concerné. Le jeudi 19 octobre, Quentin Tarantino revient sur ce qu’il a dit et admet avoir été au courant des agissements de Weinstein. Il raconte même qu’une de ses ex-compagnes, Mira Sarvino, lui avait parlé des agissements du producteur américain. Il admet également avoir été au courant de l’accord entre Harvey Weinstein et Rose McGowan signé en 1997. Pour rappel, l’actrice a accusé Harvey Weinstein de viol. Tarantino savait. Tarantino n’a rien fait.

Vous comprenez, « s’il avait fait ce qu’il fallait, il aurait dû arrêter de travailler avec lui ». Ce sont ses mots, pas les miens.

Once Upon A Time…

Lorsque l’affaire Weinstein a éclaté, une certaine Uma Turman a fait une déclaration, dans laquelle elle dénonçait, bien sûr, le principal concerné, mais aussi Quentin Tarantino. Elle accuse ce dernier d’avoir mis sa vie en danger lors du tournage de Kill Bill 2. Elle précise toutefois que Tarantino s’est excusé à de nombreuses reprises, et il a lui-même avoué avoir été trop loin. Mais ce n’est pas un cas isolé puisque pour le film d’Inglorious Basterds [attention spoiler concernant le film], le personnage incarné par Diane Kruger meurt étranglé. Tarantino a tenu à étrangler Diane Kruger lui-même. Son excuse (vous la trouverez valable si vous le souhaitez) est qu’il savait exactement ce qu’il voulait. Il avait une image parfaitement claire en tête et voulait donc le faire personnellement. Il a, bien sûr, demandé à l’actrice si cela ne la gênait pas. Bien qu’elle ait accepté, elle admettra plus tard qu’il lui a semblé étrange de se faire étrangler par le réalisateur du film.

In Hollywood

J’imagine que certain.e.s d’entre vous se disent que j’exagère. Enfin, il s’est excusé non ? Beaucoup étaient au courant des agissements de Weinstein et n’ont jamais rien dit. Beaucoup n’oseront jamais dire qu’ils savaient. Lui, l’a fait. Mais… Justement. Nous savons tous qu’il savait. Qu’il n’a rien fait.

Combien de réalisateurs, d’acteurs, de producteurs sont exposés aux yeux de tous sans que personne ne dise rien. Bryan Singer a récemment gagné un oscar pour Bohemian Rhapsody. Il a pourtant été accusé par 4 hommes d’agressions sexuelles. Je vois encore des gens demander le retour de Kevin Spacey dans House of Cards. Marlon Brando et le réalisateur Bernardo Bertolucci ont tous les deux mis en oeuvre et filmé le viol de Maria Schneider pour le film Last Tango in Paris. Marlon Brando est, encore aujourd’hui, considéré et glorifié comme une véritable légende du cinéma. Quel est le fuck ?

Pourquoi je n’irai pas voir le dernier Tarantino

Je ne me pense pas plus woke, plus féministe, plus intelligente, plus quoi que ce soit parce que je décide de ne pas aller voir ce film. Ces histoires m’ont simplement coupé l’envie d’aller soutenir un film qui est peut être très bon (du coup j’en sais rien). Je n’ai plus envie de participer au nombre d’entrées que font ces réalisateurs et producteurs que l’on SAIT problématiques. Bien sûr, qu’on ne sait pas tout, et bien sûr qu’on imagine qu’ils sont une majorité à avoir fait des trucs pas nets. Mais quand on le sait. Quand ils ont avoués. Quand c’est avéré. Est-ce qu’on ne DOIT pas faire quelque chose ? Je ne partirai pas en croisade contre Tarantino. Mais je ne veux pas non plus le soutenir.

C’est pour ça que je n’irai pas voir son film. Et il s’en fout, je sais. Mais moi je me sens mieux comme ça.

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