Pourquoi je suis devenue végétarienne (et pourquoi ce n’est qu’un début)

Actuellement, un français moyen mange 89kg de viande par an et ce nombre ne fait que de grandir de générations en générations. Au total, 65 milliards d’animaux sont tués chaque année. Toi non plus ce nombre ne te parle pas tant il est grand, trop grand ? T’inquiètes pas, je suis pareil. On se bute déjà au premier problème. C’est trop grand tout ça.

Bien sûr, vous imaginez bien qu’un tel chiffre implique de grosses conséquences. La souffrance animale oui. Mais ce n’est pas tout. Les conséquences sont aussi écologiques puisque ce sont des centaines de milliers de litres d’eaux qui sont utilisés pour l’élevage animal, qui est également responsable de 14,5% des émissions de gaz à effet de serres (soit un peu plus que les transports) et de 50% des émissions de méthane et de protoxyde d’azote qui sont très largement responsables du réchauffement climatique. L’industrie de la viande est également responsable de déforestation à grand échelle, mais est est aussi source de mal-nutrition dans les pays les plus pauvres (pour en savoir plus c’est par ici).

Souffrance, déforestation, mal-nutrition, problématiques environnementales… Tout ça a raisonné dans ma tête pendant des mois. J’ai décidé d’agir. J’ai décidé de changer de régime alimentaire. On va rentrer un peu dans les détails de ma décision, mais avant, juste pour le plaisir, petit florilège des aberrations que j’entends à chaque fois que j’ai le malheur de parler de mon alimentation.

Quoi ? T’es devenue végane ? Hein ? Mais tu manges du poisson du coup ? Ah en fait tu manges plus rien quoi. Non mais je pourrais pas ne manger que des légumes c’est pas possible. Tu fais comment du coup au restaurant ? Et les carences ? HEIN ! LES CARENCES !? (Réponse dans les sources).

Ça veut dire quoi être « végétarienne » ?

Si j’en crois ce que me dit le Larousse en ligne, le végétarisme c’est ça : Régime alimentaire excluant toute chair animale (viande, poisson), mais qui admet en général la consommation d’aliments d’origine animale comme les œufs, le lait et les produits laitiers (fromage, yaourts).

La définition me convient. Pour moi le végétarien ne mange plus de chaire animale, donc plus de viande, plus de poisson, mais pas non plus de fruits de mers, de mollusques et compagnie (et oui c’est important). Énormément de personnes pensent qu’un végétarien mange aussi du poisson. Certains se proclament végétariens et mangent du poisson. Personnellement je ne le conçois pas. Il s’agit d’un animal au même titre qu’un cochon, qu’une vache, qu’un lapin. Penser qu’il est moins grave de manger un poisson qu’un cochon c’est le fond du problème selon moi.

J’insiste sur le fait qu’il s’agit de ce que je pense moi, et que je n’estime pas que ma version est la meilleure. C’est ce que je ressens, ce que je pense. A mon avis il n’existe pas deux végétariens qui pensent de la même manière comme il n’existe pas deux végétaliens ou deux omnivores qui pensent de la même façon. De plus  je pense que baisser sa consommation de viande et/ou de poisson est déjà un bon pas en avant.

Pourquoi j’ai décidé de ne plus manger de viande ?

Cohérence

J’aime les animaux. Vous devez l’entendre assez souvent comme argument non ? J’aime les animaux. Mais attention ! Je n’aime pas QUE les chiens, les chats, les chevaux… J’aime les vaches, les cochons, les lapins, les poissons. J’éprouve de l’affection pour les animaux, et pas seulement quand ils sont derrière une vitrine ou dans un champ ou en photo. J’aime vraiment les animaux, tous les animaux. Je n’ai jamais mangé de cheval, parce que j’aime les chevaux. Je n’ai jamais mangé de chien ou de chat non plus.

Pourquoi est-ce que je mangerais des vaches si  j’aime les vaches alors ? Pourquoi je mangerais des cochons si je préfère les voir en vie ? Ça n’a pas de sens de ne pas faire de lien entre l’animal en vie et l’animal dans notre assiette. La viande. La viande est un animal, mort c’est vrai, mais un animal, et ce n’est pas comme ça que je veux les voir. Je ne veux pas les consommer. Au bout d’un moment, si on veut scander le droits des animaux tout en continuant à participer à leur massacre, quelque chose ne va pas.

Souffrance

Je suis déjà contre tuer un animal, mais je pense que je suis encore plus sensible à la souffrance, la douleur, la torture. C’est ce qu’ils vivent. Je suppose que vous en avez par dessus la tête des vidéos qui vous montrent les conditions dans lesquelles vivent ces animaux que consomment la plupart des humains. Comment ils sont traités. Peut-être que vous vous en fichez, et dans ce cas, c’est votre problème, votre façon de voir les choses. Peut-être aussi que vous pensez que tous les abattoirs ne sont pas comme ça. Que certains tuent sans faire souffrir. Mais c’est pas le cas.

D’abord, j’ai tendance à répondre « Tuer c’est mal de toute façon, peu importe la façon dont c’est fait ». Mais ce n’est pas tout. A échelle française, 83% des poulets sont élevés dans des cages de la taille d’une feuille A4 et ne voient jamais le jour. 95% des porcs sont enfermés et exploités sur des caillebotis. Le chiffre grimpe à l’échelle mondiale. Afin de cohabiter, certains animaux sont mutilés. C’est le cas des poulets auxquels nous coupons les becs afin qu’ils ne se blessent pas les uns des autres tant ils sont confinés. Il faut éviter la perte (d’argent). Suite à ces mauvais traitements et aux doses phénoménales de médicaments (anxiolytiques, hormones de croissances…), la vie des animaux se trouvent être non seulement misérable mais aussi considérablement réduite. 20% des porcs d’élevages meurent avant le jour de l’abattage. Donc non,  les mauvais traitements ne sont pas des cas isolés.

Je n’ai jamais apprécié manger un animal

Déjà petite, quand j’ai compris que mon steak avait été, à un moment donné, un animal bien vivant qui serait encore en vie s’il n’était pas dans mon plat pour que je le mange (et c’est vraiment horrible dit comme ça) j’ai eu un blocage concernant la viande.  Mes parents m’ont obligé à en consommer. Je ne leur en veux pas, je pense que pour eux, comme pour beaucoup de monde, la viande est un aliment essentiel au bon équilibre d’un être humain (flash news, c’est pas le cas). Je passais des heures à table pour finir la viande dans mon assiette, littéralement des heures. J’ai fini par m’habituer à en manger, et c’est devenu normal. Ça ne l’est plus aujourd’hui.

Un humain ne vaut pas plus qu’un animal non humain

Je répète que c’est mon avis. Pour moi, la vie d’un animal n’a pas moins de valeur que celle d’un humain. Je ne sais pas à quel moment nous nous sommes dit que nous étions des êtres supérieurs qui avaient le droit de vie ou de mort sur tout ce qui nous entoure. Mais c’est pas ma façon de voir les choses.

Je ne suis pas obligée d’en manger

C’est ça qui est merveilleux. Nous sommes omnivores. Nous ne sommes pas obligés de consommer de la viande. Du moins c’est plus le cas. Nous sommes à un stade de l’évolution où nous savons très bien que tout ce que comportent les légumes, les fruits, les fruits à coques, les féculents, les céréales et les graines peuvent largement remplacer notre consommation de viande. Cette histoire mythique de carences est une vaste blague, je peux même vous dire que, depuis que je ne mange plus de viande, je perds le poids que j’ai en trop (tout en mangeant des quantités qui me conviennent et en me faisant bien plaisir), je n’ai plus de carences et je suis en bien meilleure santé. Je mange forcément de façon plus variée, je découvre plein de nouvelles choses. Moi qui suis curieuse je ne peux que m’en réjouir.

Pourquoi ce n’est que le début ?

Oui, la consommation de viande est un problème, mais je suis de ces gens qui pensent que l’exploitation animale ne s’arrête pas là. Nous exploitons aussi les animaux pour ce qu’ils produisent (lait, miel, œufs…). Des animaux sont tués pour leur fourrure ou leur peau. Des animaux sont enfermés, maltraités, exploités pour le divertissement (cirque, parc à thèmes…). Les animaux servent également à la recherche et sont utilisés pour les tests de produits cosmétiques, ménagers ou encore pour les médicaments (liste non exhaustive). Beaucoup ne survivent pas, tous souffrent.

Les Produits Laitiers

En ce qui concerne le lait de vache, connu pour être un « essentiel » au corps humain, levons le voile deux minutes : C’est faux. Pour une raison très simple : c’est du lait de vache. Son lait est donc destiné à son petit qui est le veau (qui doit prendre le double de son poids lors des deux premiers mois de sa vie, soit dit en passant). S’il y a lait chez une vache il y a un veau dans son ventre. Vous imaginez bien que le petit ne reste pas avec sa maman, bien sûr. Tous deux sont séparés, le veau est tué pour en faire de la viande (le profit, toujours le profit) puis ce sont des machines qui tirent le lait de la vache. Elle sera ensuite inséminée (de force) pour que le schéma se répète, encore et encore. Un cauchemars qui ne finira qu’à sa mort.

Les œufs

Seize poules par m² et elles ne voient jamais le jour. Jamais. Les poussins mâles sont tués, broyés ou gazés.  Après un an de ponte, les poules sont tuées.

Et j’en suis où / J’attends quoi ?

Je ne consomme plus de lait, je suis passée au lait de noisette (c’est tellement bon c’est indécent). Je consomme cependant encore des produits laitiers, plus de yaourts mais du fromage, aliment qui a toujours fait parti de mon quotidien et que je trouve bien plus difficile à supprimer. J’aimerais le remplacer parce que l’on appelle du vromage (des fromage végétaux donc), mais je dois me déplacer jusque Paris pour cela, ma petite ville ne proposant pas tant de diversité alimentaire malheureusement.

Pour les œufs, j’apprends peu à peu à adapter les recettes que je connais et qui en comportent afin de les éviter, puis les supprimer. Ma consommation est déjà bien plus basse.

Au sujet des cosmétiques, de plus en plus de marques ne testent plus sur les animaux et suppriment toutes traces animales dans leurs produits. Je n’utilise plus aucun produits testé sur des animaux ou contenant des substances animales. Il suffit de se renseigner, c’est un geste simple mais responsable. J’ai toujours été contre la fourrure. Pour les produits ménagers que j’utilise aussi des produits non testés sur les animaux. Je ne vais plus au cirque, je ne vais plus dans des parcs à thèmes exploitant des animaux non plus.

Et tout, ça, ce rejet de l’exploitation animale, ce n’est plus du végétarisme. Comme je n’en suis pas encore là (promis j’y travaille), je ne rentre pas trop dans les détails. C’est autre chose, qui n’est non plus une façon de s’alimenter, mais une façon de vivre. C’est là que j’aimerais en venir, et pour vous expliquer un peu ce que c’est et ce que ça implique, je vous laisse cliquer ici. Il en parle bien mieux que moi.

Pour aller plus loin (et pour conclure)

Mon article n’a pas spécialement pour but de convertir tout le monde au végétarisme, voir au véganisme. Si j’ai convaincu certains d’entre vous, bien sûr, c’est un plus. Mon but véritable était d’exprimer ma décision et de l’expliquer de façon claire et construite. Je n’ai pas décidé d’être végétarienne du jour au lendemain. J’ai toujours du mal à répondre à la question « Bah pourquoi tu manges plus de viande« . Parce que la raison ne s’arrête pas simplement à « mais je veux pas qu’on tue des animaux« . Il y a de ça, c’est vrai, mais je ne veux pas non plus qu’on les torture, je ne veux pas qu’on les enferme, je ne veux pas qu’on les exploite. C’est pour ça que j’ai fait ce choix et c’est pour ça que je veux aller au bout de cette idée.

Je suis d’avis que même les plus petites décisions aident la cause. La simple décision de baisser sa consommation apporte une pierre à l’édifice du progrès. Prendre la décision de changer quelques habitudes et ne plus utiliser un shampoing qui a coûté la vue à un animal, ça aussi, c’est un pas en avant. Il suffit d’une prise de conscience.

C’est tout pour moi, je vous laisse avec les quelques sources sur lesquelles je me suis appuyées et quelques œuvres que je vous conseille au sujet de la consommation de viande et de l’exploitation animale.

Sources :
  • Les œufs :
    https://www.l214.com/marquage-des-oeufs-et-etiquetage
  • Production de viande :
    https://www.viande.info/
  • Le Lait :
    http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/02/12/faut-il-boire-du-lait_4574590_4355770.html
    https://www.l214.com/vaches/elevage-vaches-laitieres
  • Alimentation végétale :

    Les protéines


    https://vegan-pratique.fr/nutrition/positions-medicales-et-scientifiques/

Pour aller plus loin :

Un documentaire ici
Une chaîne Youtube ici
Un film qui peut sensibiliser : Okja de Bong Joo Ho
Un livre vraiment bien foutu : Faut-il manger les animaux de Jonathan Safran Foer

 

 

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