#16 Chronique littéraire – D’un trait de fusain

Avant toute chose, je tenais, une fois encore, à vous remercier concernant les retours sur mon dernier article, qui concerne Tarantino. Il est actuellement le plus lu du blog depuis sa création, ce qui me motive clairement à prendre la parole plus souvent sur des sujets difficiles, mais intéressants… D’ailleurs, le livre d’aujourd’hui rentre un peu dans cette thématique. Je crois qu’on ne présente presque plus D’un trait de fusain. J’ai l’impression d’avoir vu ce livre des centaines de fois sur la blogosphère, mais en même temps… Après lecture, difficile de ne pas vouloir en parler, n’est-ce pas ?

Le livre en bref

Titre original : D’un trait de fusain
Titre français : D’un trait de fusain
Auteur : Cathy Ytak
Éditeur : Talents Hauts
Date de parution : 21 Septembre 2017
Nombre de pages :  256 pages

La quatrième de couverture

1992. Mary, Monelle, Julien et Sami sont lycéens dans une école d’art. En cours de dessin, leur modèle préféré s’appelle Joos. Il est jeune, libre et beau. À l’âge des premières expériences amoureuses, l’épidémie de sida s’immisce brutalement dans leurs vies. La plupart des adultes se taisent et semblent ignorer la tragédie. Mary décide de briser le silence, d’affronter le regard de ses parents, de la société, et de s’engager.

Mon avis (pour ce que ça vaut)

Il existe des livres pour lesquels « donner son avis » me semble un peu … Dépassé ? On en pense ce qu’on veut bien sûr. On a le droit de ne pas aimer. Mais finalement, il y a ce truc qui fait que, de toute façon, les gens doivent lire le livre. Et D’un trait de fusain, bah c’est ça. Le bonus, c’est que le livre est vraiment très cool.

J’écris cet article plusieurs mois après l’avoir lu, et bien que j’ai le principal en tête, mes idées se bousculent un peu. J’ai du mal à y mettre de l’ordre. La principale raison, c’est que je me suis rendue compte (assez honteusement) être très mal renseignée sur tout ce qui concerne le VIH, le sida, Act Up etc. Avec toutes les interventions que nous avons au collège, au lycée voir même à la FAC, je pensais être un peu briefée sur le sujet. Et en lisant ce livre, je me suis rendue compte que je n’en savais pas beaucoup plus que ces jeunes qui ont pourtant vécu des années bien avant moi, lorsque les ressources pour ses renseigner étaient tout de même vachement moins accessibles. Bref. Ce qui est angoissant en lisant D’un trait de fusain, c’est de se rendre compte d’à quel point nous sommes mal informé·es et que nous ne sommes sûrement pas le·a seul·e.

Enfin, parlons un peu du livre. Au-delà de l’aspect politique que l’on peu en tirer, D’un trait de fusain est très bien écrit et très bien rythmé. Je n’ai pas vu les pages défilées ! Pourtant, je l’ai lu à une période où j’avais beaucoup de mal à lire. Ça m’a énormément surprise de me plonger et de rester coincée avec Mary, Monelle, Sami et Joos. Ma lecture m’a captivé, intéressé et bouleversé. Je ne saurais mettre d’autres mots sur cette expérience.

La citation qui donne envie

Dis-leur que je suis séropositif parce que j’ai déconné. Une fois, une seule fois j’ai déconné. Et cette seule fois-là a suffi. Dis-leur qu’on croit toujours que la jeunesse nous protège de la mort, et que c’est pas vrai, pas vrai du tout. Dis-leur … que j’ai passé des nuits à hurler en silence, de désespoir et de terreur quand j’ai découvert pour de bon ce que c’était d’être mortel.

Pour conclure

D’un trait de fusain est définitivement un incontournable. Foncez-vous vous le procurer, en librairie, en médiathèque, en brocante, chez un·e ami·e… Vous allez être émerveiller, rire et pleurer (beaucoup pleurer, je vous préviens). Mais vous n’allez vraiment, vraiment pas le regretter.

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